Expo Henri VIAL à Paris
Né en 1944 près de Saint-Étienne, Henri Vial fait des études de philosophie à Lyon. Années de jeunesse contestataire pendant lesquelles il voyage l’été en Pologne, en U.R.S.S, en Suède et en Italie. Ses études achevées, il part plus loin pour le Moyen-Orient, l’Inde et le Vietnam. Rentré en France, il repart pour les États-Unis et presque toute l’Amérique latine. En Bolivie, il est emprisonné pour activité terroriste. Libéré et revenu en France, il refuse d’accomplir son service militaire et est emprisonné sept mois. Libéré, il partira aux Etats-Unis pour s’installer en 1974 au sud de Manhattan dans le quartier du « Lower East Side ». En 1977, atteint d’une hépatite sévère, alité, il se met à peindre. Il peint le monde de son enfance, ses souvenirs de voyages, le monde de New York qui l’entoure au Lower East Side et celui de la communauté afro-américaine de Haarlem qu’il aime tant. Mais en 1989, les violences physiques augmentant, les menaces de mort se concrétisant, lui et son compagnon afro-américain décident de quitter New York pour s’installer à Charleston en Caroline du sud, ville d’origine de Jerone. Henri Vial achève nombre de ses tableaux, il en peint quelques autres et en vend plusieurs, à contre cœur. Atteint d’un cancer des poumons, il décède à Charleston en 1996.
La peinture d’Henri Vial est variée : tantôt naïve, tantôt proche de l’expressionnisme. Peinture nostalgique qui tente d’immortaliser des mondes disparus, ou bien peinture protestataire qui dénonce les guerres, les injustices et les misères. Peinture qui stigmatise tous les obscurantismes, en particulier celui de l’Église. Au début, en 1977, chaque tableau est organisé selon un dessin formé de tout un jeu de traits détaillés qui raconte une histoire. Au fur et à mesure, c’est le simple dialogue des couleurs qui crée directement le tableau, tout dessin et tout trait ayant disparu.
En fait, angoissé par la mort de Dieu, cet incroyant s’est constamment demandé si notre monde où les institutions, armée, églises, enseignement, démocratie, s’écroulaient les unes après les autres, ne va pas faire place à un monde sans institutions, un monde de couleur et d’émotions.
Guy Champagne
février 2025